Vigneronnes : celles qui font le vin de Bordeaux
Œnologues, maîtres de chai, cheffes de culture : les femmes au cœur du vin.
De « femme de viticulteur » à vigneronne
Longtemps cantonnées à l'administratif, à l'accueil ou au commerce du domaine, les femmes sont aujourd'hui pleinement vigneronnes. L'ouverture des formations viticoles et œnologiques, puis l'évolution des rapports au travail, ont fait tomber les modèles anciens : elles investissent désormais des tâches longtemps considérées comme masculines, à commencer par la vinification et la conduite du chai.
Longtemps l'exception au XXᵉ siècle, on ne compte plus aujourd'hui les œnologues, maîtres de chai, cheffes de culture et sommelières qui s'imposent par leur seule expertise. Beaucoup ont d'abord repris le domaine familial, d'autres se sont installées seules ; toutes partagent une même exigence sur la vigne et sur le vin.
Ce changement ne tient pas qu'aux personnes : il touche la manière même de faire. Attention portée au vivant du sol, recherche de finesse autant que de puissance, dialogue patient avec le terroir, sans qu'il existe un « vin de femme », beaucoup revendiquent une sensibilité et une patience qui se retrouvent, année après année, dans la bouteille.
Bordeaux, terre pionnière
Bordeaux a joué un rôle précurseur. En 1994 y naît « Les Aliénor du Vin de Bordeaux », premier collectif féminin de vigneronnes en France, réunissant des femmes qui travaillent les vignobles bordelais. D'autres réseaux ont suivi dans la région, permettant à ces professionnelles d'unir leurs voix dans des instances syndicales et interprofessionnelles où elles restent encore minoritaires.
Cet ancrage local a donné une visibilité nouvelle à un savoir-faire longtemps resté dans l'ombre. Aujourd'hui, de la rive gauche du Médoc aux coteaux de l'Entre-deux-Mers, des propriétés familiales sont conduites par des vigneronnes qui signent l'assemblage, choisissent la date des vendanges et défendent leur cru sur les salons comme en vente directe.
En achetant en direct, vous soutenez aussi ces parcours : derrière l'étiquette, il y a souvent une femme qui a taillé, vinifié et élevé le vin que vous dégustez.
